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Stephanie and Tom Hansen
Stéphanie explique à Tom Hanson, sous-directeur adjoint du service d’analyse financière du CANAFE, l’acheminement des documents menant à une société implantée à l’étranger.

Profil : Stephanie

Le crime et l’argent du crime

Stephanie analyse le monde du blanchiment d’argent et du crime organisé - un monde nébuleux où les profits générés peuvent être intégrés facilement aux opérations d’entreprises légitimes.

Débuter la journée

La routine matinale de Stéphanie * se résume à un court trajet en autobus et à un arrêt pour un café avant de se présenter au bureau. Après avoir travaillé trois ans pour une banque à Toronto, elle décide de déménager à Ottawa et d’entrer au service d’un organisme fédéral, Le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada, chargé de dénoncer et d’empêcher le blanchiment d’argent. « La décision de réorienter ma carrière en a été une bonne », affirme la jeune diplômée en commerce. « Je peux ainsi mettre à profit d’une toute autre façon mes connaissances du secteur bancaire et tout ce que j’ai appris à l’école ».

Dès qu’elle entre dans son bureau, Stéphanie ouvre le classeur et en retire deux piles de documents, puis elle met son ordinateur en marche. Depuis trois semaines elle travaille sur un dossier complexe—un dossier où planent des soupçons de blanchiment d’argent.

Le monde du blanchiment d’argent et du crime organisé transnational est nébuleux et complexe, et les profits générés peuvent être intégrés facilement aux opérations d’entreprises légitimes. Pour Stéphanie, tenter de disséquer ces liens en suivant les transactions d’argent « sale » est un travail très motivant. « L’argent peut provenir du trafic de stupéfiants ou de la fraude à grande échelle, et d’investiguer les transactions peut amener des solutions », dit Stéphanie.

Le travail commence

Le travail a commencé alors que le patron de Stéphanie lui remettait un tout petit dossier renfermant le nom d’un individu de Toronto, sa date de naissance et une note disant qu’il était sous enquête pour trafic de stupéfiants. Aujourd’hui, le dossier remplit deux grandes chemises de classement, qui débordent de papiers de toutes sortes retenus ensemble à l’aide d’attache-feuilles. Stéphanie a découvert un tableau plus global en établissant des liens entre les transactions financières de cet individu et d’autres entreprises et individus. Elle a découvert qu’il est le propriétaire d’une société d’outre-mer vers laquelle de nombreux transferts d’argent, qui semblaient douteux compte tenu du genre d’entreprises impliquées, ont été faits à partir de différentes villes du Canada et des États-Unis. L’ampleur même de l’entreprise clandestine était surprenante, même pour Stéphanie, le total des sommes transférées étant de l’ordre de plus de 70 millions de dollars.

Elle pose des documents sur son bureau et cherche à rassembler toutes les pièces du casse-tête, tous les joueurs et tous les comptes bancaires. Les tableaux qui apparaissent à son écran d’ordinateur font penser à un arbre généalogique particulièrement complexe. Chaque ligne correspond à une transaction et chaque individu est répertorié à l’écran. « Même si je ne peux parler ouvertement de mon travail, le fait de découvrir des liens et des comptes que personne d’autre ne soupçonnait, me procure une très grande satisfaction, surtout lorsque je sais que cela permettra de faire avancer l’enquête. »

Travailler dans l’ombre

Pendant ses années d’études à l’université, Stéphanie a travaillé à temps partiel comme représentante du service à la clientèle d’une banque. C’est là qu’elle a entendu parler pour la première fois du CANAFE. « On m’a appris comment reconnaître une opération suspecte et l’importance de la signaler au CANAFE. À bien y penser, le poste que j’occupe présentement semble tout simplement une progression normale. »

Stéphanie croit qu’elle est allée aussi loin qu’elle le pouvait dans ce dossier. Ce matin, en fin de matinée, elle expliquera à Tom Hanson, le directeur adjoint des Renseignements financiers stratégiques, ce qu’elle a trouvé et vers quoi ces opérations l’ont menée. Si le travail de Stéphanie répond au critère juridique exigeant que le cas soit utile à une enquête, on préparera les dossiers en vue de communiquer les renseignements aux enquêteurs des autorités policières à Toronto. Stéphanie a déjà travaillé dans des dossiers similaires et elle sait que son travail sera très utile aux enquêteurs : il leur permettra d’identifier les biens qui auraient été dissimulés et acquis de  façon criminelle, identifiant les individus dont la participation n’était peut-être pas connue. Les enquêteurs auront donc les renseignements nécessaires pour obtenir un mandat et faire avancer leur enquête.

Bien que son travail contribuera à faire avancer l’enquête policière, cette information ne sera sans doute jamais dévoilée. Stéphanie comprend cet aspect de son travail et elle n’a aucune objection à travailler dans l’ombre, à faire tout ce qu’il faut pour établir un lien entre le crime et l’argent. Au cours des semaines à venir, dans l’autobus ou ailleurs, elle lira le journal à la recherche du paragraphe où il sera question d’accusations portées à Toronto.

* Le nom de Stéphanie est un pseudonyme pour protéger son identité.


  • Suivant : Stuart Aldridge, le capitaine d’un navire de recherche scientifique, apprécie ses horaires de travail souples. C’est assez inhabituel : 28 jours en service, 28 jours en congé.
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