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Sabrina Drake « Un travail qui comporte beaucoup de responsabilités apporte de nombreuses satisfactions. »
Profil : Steven Campana Certains scientifiques pourraient être un peu nerveux d’avoir comme sujet de recherche un animal possédant sept rangées de dents acérées.
Or ce n’est pas ce qui inquiète Steven Campana, chercheur en chef du Laboratoire de recherche sur les requins du Canada, situé à Darmouth, en
Nouvelle-Écosse. Ce laboratoire fait partie de l’Institut océanographique de Bedford à Pêches et Océans Canada.
Steven et son équipe s’occupent du seul laboratoire de recherche sur les requins au Canada. Ils sont chefs de file en matière d’éducation et de conservation. Ils sont les premiers à repérer et à étudier ces gros poissons de mer, et à transmettre aux autres leurs connaissances.
« La partie de mon travail que je préfère est de découvrir de nouvelles données qui pourraient changer le monde grâce à l’adoption de pratiques rationnelles de conservation, de préservation et de pêche. Sans parler du fait que je voyage dans le monde entier pour travailler avec ces animaux incroyables », soutient Steven.
Steven se passionne pour l’étude de ces créatures anciennes.
« J’assume trois responsabilités. La première consiste à évaluer le nombre de poissons le long de la Côte atlantique en vue de fixer des quotas. La deuxième consiste à utiliser l’otolite, une partie de l’oreille du poisson, pour mettre au point de nouvelles méthodes permettant de calculer l’âge et le taux de croissance du poisson. La troisième, et celle qui me captive le plus, est la recherche sur les requins », dit-il.
Actuellement, son équipe pose des étiquettes décelables par satellite, un nouveau gadget scientifique pratique, sur plusieurs espèces différentes de requins qui visitent les eaux canadiennes. Au cours des prochaines années, ces étiquettes fourniront des données cruciales sur le comportement des requins et leurs déplacements.
« Après s’être détachées automatiquement du requin après un certain temps, les étiquettes flottent à la surface et nous transmettent toutes les données par satellite. Lorsque nous recevons ces données, on se croirait un matin de Noël », explique Steven.
Steven travaille dans l’industrie marine depuis longtemps. Au début des années 1980, alors qu’il était sur le point d’obtenir une bourse de recherche dans une université américaine, son directeur de thèse, spécialiste des requins, prit la décision de cesser ses recherches pour des raisons de sécurité. Par conséquent, Steven a plutôt choisi de poursuivre son doctorat en biologie des pêches.
Comble d’ironie, ce changement d’avis l’a en fait amené à se rapprocher de la recherche sur les requins plus tard dans sa carrière. En 1998, il s’est vu offrir la chance de mettre sur pied le laboratoire de recherche sur les requins sur la Côte atlantique du Canada. Il a bien sûr saisi cette occasion.
« Avec du recul, je crois que c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Cela m’a permis d’acquérir un ensemble de compétences générales avant de me spécialiser dans la recherche sur les requins », soutient Steven.
Il se dit convaincu d’avoir pris la bonne décision. « Je fais exactement ce que j’ai toujours voulu faire, et entrer dans la fonction publique a été le meilleur choix. Je fais le travail de mes rêves. Mis à part le mal de mer, bien entendu », ajoute-t-il.
